Créée en 1987, la réserve naturelle du Grand-cul-de-sac marin occupe une partie du vaste lagon (15 000ha) qui sépare la Grande Terre de la Basse Terre. Sur le littoral, la réserve protège les zones de mangrove de la pointe Lambis et celles de l’estuaire de la Grande Rivière à Goyaves. Côté mer, elle protège l’îlet Fajou, l’îlet à Christophe, l’îlet à la Biche et les îlets de Carénage, au nord de Sainte Rose. Au total, cela représente près de 4000 ha de domaine littoral et maritime. Cet écosystème héberge de nombreuses espèces d’oiseaux migrateurs, comme le pluvier de Wilson, les échasses d’Amérique ou les sternes pierregarins. En dehors de l’accueil de ces grands voyageurs , on cherche aussi à pérenniser les colonies de frégates, hérons et râles gris qui nichent sur les îlets. Avant d’importer de nouvelles espèces, il y a fort à faire pour protéger les différentes variétés de crustacés, de poissons, d’oiseaux et de reptiles… La protection de la flore littorale et aquatique est aussi au programme de la réserve, c’est dire l’ampleur de la tâche. La réglementation du parc national est claire : toute activité touristique ou sportive organisée est interdite sur les îlets et les zones littorales de la réserve, ainsi que la pêche et la plongée sous marine. Certaines zones hors réserve (comme l’îlet Caret) sont accostées quotidiennement par des bateaux chargés de dizaines de touristes.

Les tortues du Grand-cul-de-sac

De nombreux spécimens de tortues sont réintroduits chaque année. Il faut savoir des ces eaux foisonnaient autrefois en tortues caouannes, culs ronds, vertes, carets et luths. Ces cinq espèces ont été victimes de la douceur de leur chair, de l’abondance de leur graisse et de la beauté de leurs écailles. On les consommait en fricassée, en columbo, en omelette, et on en faisait même des boissons aphrodisiaques. Un projet de réintroduction de lamentin, ce mammifère marin herbivore disparu des Antilles depuis longtemps est en cours.


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