By / 25th décembre, 2013 / Agenda / No Comments

Masques et groupes

Le terme « masque » désigne à la fois l’élément matériel mais aussi la personne qui porte le masque. Le carnaval joue un rôle d’exutoire qui n’épargne pas le monde politique. Mitterrand, Chirac, Giscard d’Estaing, Obama, Berlusconi, tous ont droit à leur marionnette.

Carnaval

Au delà les masques de personnalités en vogue, certains masques s’adjugent les faveurs du public année après année.

Citons le Mass A Kon’n qui représente un taureau à l’état sauvage. Son costume est fait de feuilles de bananier séchées. Symboliquement, il est retenu par une corde ou par une chaîne et tente par tous les moyens de s’échapper. La servitude de l’esclave en quête de liberté est ici clairement évidente.

Carnaval

Autres masques redoutés : les « Mass A kongo« , les « Mass a kinnkong« , les « Mass a lanmò » qui le soir venu au son des tambours, enveloppés dans de grands draps blancs et munis d’épingles pourchassent tous les individus encore dehors.

Quelques masques

Mass a lanmo
Masque de mort
Est souvent drapé de blanc ou de noir ,et porte un masque funéraire. Pendant le défilé, il peut envelopper la foule ou piquer le spectateur d’une épingle.
Mass a kon’n
Masque à cornes
C’est le symbole du taureau, synonyme de puissance dans un monde rural.
Mass a fwet
Masque à fouet
Est souvent habillé de chemise et de pantalon en tissu madras, tête encagoulée et masqué pour représenter la virilité et la fécondité.
Mass a miwa
Masque à miroir
Habillé en costume de tissus de couleurs vives ou de madras, parsemé de fragments de miroirs. Il symbolise le changement et la mutation et fait référence au Dieu Janus. Il est aussi un hommage à la communauté indienne.
Mass a kongo
Masque à goudron
Est vêtu de « konoka » (pantalons de travailleurs des champs), d’un short ou d’un simple cache sexe, il s’enduit toutes les parties visibles du corps d’un mélange de mélasse destinée à noircir la peau et rougit ses lèvres de roucou. Ils représentent les nègres importés d’Afrique et la présence africaine dans le présent. Dans le passé, un des membres effectuait une danse acrobatique en montant sur deux longs bâtons posés sur les épaules de quatre hommes.
Mass a rubans
Masques à ruban
Est vêtu de longs rubans cousus sur ses vêtements brillant et d’un chapeau. Ses danses consistaient à tourner au pied d’un mât en tressant autour de celui-ci de longs rubans. Le symbole phallique a son importance dans ce mass. Ce mass est importé par les travailleurs indiens (Immigration indienne) et a de nos jours quasiment disparu.
Mass a hangnion
Masque en haillon
Il porte des haillons multicolores cousus sur un vieux vêtement et symbolise la pauvreté. Après les fêtes de Noël et les dépenses, la population n’a pas d’autres choix que de récupérer de vieux vêtements.
Mass a lous
Masque à l’ours
Il est vêtu de feuilles de bananes et porte un masque avec des cornes de bœuf. Il est le symbole de l’héritage des temples religieux africains et symbolise une divinité africaine.
Mass a roukou
Masque à roucou
Est vêtu d’un pagne fait de feuilles et est recouvert d’huile de roucou. Il représente les premiers habitants de Guadeloupe : les Indiens Caraïbes.

Les groupes carnavalesques

La musique des groupes carnavalesques est à la fois originale et débrouillarde. Elle est produite à partir d’objets de récupération (bouteilles, bidons de viande salée en plastique de taille différente frappés avec un bâton à l’extrémité, et rembourrée de tissu et de caoutchouc. Calebasse pour le « chacha » garnie de graines de réglisse, bois-bambou, conques de lambi, etc), de sifflets…

Les réveils en pyjama et les retraites aux flambeaux le soir, à la lumière des « chaltouné » (flambeaux) et au son des tambours, constituent deux autres pratiques fortes du carnaval guadeloupéen.

Traditionnellement, les groupes carnavalesques sont classés selon leur système de musique en quelques catégories :

Catégorie de groupe Description Principaux représentants
Groupes à po Les groupes à « Po » comptent parmi les plus anciens avec leur musique authentique et leurs marches vigoureuses. Ils sont souvent denses et utilisent de petits tambours couverts de peau d’animal. AkiyoMas ka kléPoint d’interrogationVoukoumKlé LaNasyon a Nèg MawoN

Tikan’No

Groupes à mass Ces groupes sont apparus au milieu des années 2000. Malgré leurs masques et leurs costumes stéréotypés ils arrivent la plupart du temps à innover grâce à leurs chorégraphies et leur humour. Mass Moule MassifCrazy Mass LunikAtafayaReyel Mass BimaTimass MantenGinger Mass

Toto Mass

Tonshi Mass

Mass Lapwent

Groupes à synthé Plutôt originaires du carnaval de Basse-Terre, les groupes à synthés sont des sound systems ambulants: Ils embarquent sur un camion les baffles, groupes électrogènes et synthétiseurs, suivis par les guitares électriques et les chanteurs à micro. Pikan de Vieux-HabitantsFoud-la de Basse-TerreTi-bwa de BouillanteVolcan de Basse-TerreExplosion des SaintesChiré band de Vieux-Fort

Vulcania de Saint-Claude

Black marbré

Les jours gras

Les jours gras (lundi, mardi gras et le mercredi des cendres) sont des périodes de grande intensité, au cours desquelles les corps et les esprits se débrident un peu plus.

Carnaval

Le lundi gras est consacré aux mariages burlesques. Des couples suivis d’un long cortège se présentent devant le prête et l’officier d’état civil. L’homme est déguisé en femme et la femme est costumée en homme. Ces mariages ne manquent pas de déclencher la joie du public, en exprimant à la fois la fête et la satire.

Le mardi gras représente le point culminant du carnaval tant au niveau musical que des déguisements. Les réjouissances sont ouvertes par la reine du carnaval. Les concours sont nombreux (meilleur groupe, meilleur costume,etc).

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Autre attraction, le Neg Gwo siro, figure emblématique du carnaval guadeloupéen. Le mardi gras précède le carême période d’abstinence alimentaire. Pas de viande, d’œufs ou d’aliments gras. Exception à la règle, le beignet. Il est devenu la spécialité culinaire du mardi gras !

CarnavalLe lendemain, le mercredi des cendres la foule travestie en noir et blanc en signe de deuil, brûle l’effigie du roi Vaval dans un déferlement de danses et de chansons. Rien n’est laissé au hasard pour brûler « vaval » : un prêtre, des sœurs, des fidèles éplorés au corps couverts de farine. Sa majesté « vaval » est la proie des flammes devant une foule triste chantant « vaval, vaval, vaval ka kité nou, malgré la vi la rèd, vaval ka kité nou » (“Vaval nous quitte, la vie est dure, Vaval nous quitte!”)

Brûler Vaval, généralement un personnage de carton ou de papier mâché de plusieurs mètres de haut, est une manière de conjurer le sort en tournant le dos à tous les problèmes et tracas de l’année écoulée.

La mi-carême

À la mi-carême, entre le carnaval et pâques, les célébrations carnavalesques reprennent vie pendant un jour. Les couleurs de rigueur sont le rouge et noir. Tout le monde s’habille ainsi pour marquer la résurrection de Vaval, qui vivra le temps d’une année avant de périr de nouveau par les flammes l’année suivante.

Suite du dossier

1 – Origines & Signification
2 – Une fête culturelle et religieuse
3 – Masques et groupes
4 – Carnaval 2014 en Guadeloupe : le programme


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